jeudi 26 janvier 2012

Mi-novembre à mi-décembre 2011 : "Il était une fois"
Mahagaon Terra Project - Raigarth, Maharashtra, Inde. 
Pierres, terre, ciment, bouteilles de verre, bouse de vache. 
6 m x 3,60 m x 2,60 m.











































De nouveau en Inde, cette fois-ci en emmenant Margot ma fille, comme assistante.
Dans le même état qu'au mois de Février c'est à dire le Maharashtra, l'état où se trouve Mumbai.
Nous étions à 120 km de cette ville en pleine campagne, 7 artistes, 3 indiens et 4 étrangers à réaliser une installation dans la nature, chacun la sienne, pérenne et le plus possible avec des matériaux locaux ou de récupération. 
L'envie du sponspor du projet, était d'accueillir des sculptures sur un terrain qu'il aménage en village vacances orienté vers l'art. Les maisons seront construites avec des matériaux locaux et sains. La tendance en Inde dans la construction étant d'utiliser le tout béton, il attendait de nous une ouverture vers d'autres matériaux accessibles, géographiquement et financièrement, pour un plus grand nombre. 
Sur place, des travailleurs indiens avaient été embauchés pour nous aider.


L'intérêt de cette résidence, outre celui de disposer de trois semaines pour créer une installation dans la nature, de cotoyer d'autres artistes et d'échanger avec eux, fut principalement d'être au contact d'indiens, en partageant leur vie quotidienne et en travaillant avec eux. 
Ce fut un moyen pour moi, comme cela l'avait déjà été la fois précédente, d'aborder de l'intérieur la culture indienne, ou du moins "une culture indienne", tellement captivante pour moi. 


Sur les photos que l'on pouvait consulter pour répondre à l'appel à projet, j'avais remarqué de très grosses et belles pierres d'origine volcanique ainsi que de très beaux murs en pierres sèches qui retenaient les berges d'une petite rivière. 
J'ai proposé deux projets : soit de rehausser ces murets en certains endroits, pour accentuer la présence du cours d'eau dans le paysage, soit de réaliser des petits abris prolongeant certains murets et se fondant ainsi dans ce paysage.
En arrivant sur place, j'ai pu voir que les murets étaient en très mauvais état. Avant de pouvoir les rehausser , j'aurais dû entièrement les refaire, j'ai donc opté pour le deuxième projet.
Pour cette résidence, j'ai  travaillé pour la première fois avec des pierres et ce fut une belle découverte qui m'ouvre de nouveaux horizons, avec la possibilité de réfléchir à des projets plus pérennes que ceux que j'avais réalisés jusque-là.


"Il était une fois" est finalement un travail qui parle de l'histoire de cette rivière et des murs en pierre qui la bordent. Entre passé et futur, un abri où l'on peut se reposer sous la lumière tamisée de la voûte, bâtie avec des bouteilles de verre. 
Le mortier qui lie les pierres et les bouteilles est fait de terre et d'un peu de ciment pour résister à la mousson et le sol est recouvert de bouse de vache séchée. Les indiens l'utilisent dans leurs cours et leurs maisons, pour couvrir le sol. Ils la considèrent comme un antiseptique. Elle limite la présence de mouches et de poussière. Au fur et à mesure que ce sol s'abîme, ils rapportent une couche de bouse diluée dans l'eau qui séchera et durcira très rapidement. J'avais très envie d'apprendre cette technique et un des travailleurs indiens m'a montré comment faire.


Vous pouvez voir des images des travaux des autres artistes sur le blog du projet. http://artinnatureresidency.blogspot.com/
Pour voir la page suivante, tapez dans le bandeau vert à droite "old posts"
    

jeudi 20 octobre 2011

Septembre 2011 :" Fukushima, c'était quoi ça?"


"Fukushima, c'était quoi ça?"


















Fukushima, c'était quoi ça?

J'ai pensé à ce projet au printemps au moment où nous avons appris la catastrophe de Fukushima.
Voici le texte que j'avais alors écrit pour un appel à projet :

Difficile en ce début de mois d'avril de penser à un projet alors que m'obsède le drame de Fukushima et tout ce qu'il dit de la folie destructrice de l'homme.
Tout un tas de questions se bousculent en moi :
Comment avons-nous pu nous éloigner autant du respect du vivant et occulter la force de la nature pour nous confier à une technologie aussi meurtrière?
Comment sommes-nous entrés dans un tel processus d'autodestruction, d'hypothèque de l'avenir, de mépris de la vie?
Comment avons-nous pu croire que l'homme saurait tout maîtriser?
Quelle toute puissance! Quel manque d'humilité!
Certains se sont laissés berner, d'autres étaient inquiets mais n'étaient pas assez nombreux pour infléchir les choix politiques.
Les faits sont là, et maintenant que pouvons nous faire?
Militer, descendre dans la rue, apostropher nos politiques à l'occasion des prochaines échéances électorales, bien sûr .
Mais pour moi, transformer aussi ma colère, dépasser mon sentiment d'impuissance et me positionner avec mes outils d'artiste. Rêver et partager mon rêve d'un jour prochain où les centrales atomiques relèveront du passé, où l'on tournera le dos à cette énergie dévastatrice et où la nature reprendra ses droits dans ces lieux mortifères.

C'est ainsi que m'est venue l'idée de «Fukushima, c'était quoi ça, » 

L'occasion s'est présentée de réaliser cette installation pour "Le Village des Possibles" à Eurre qui fut une expérience qui vaut le coup d'être découverte. Pendant trois semaines un groupe de 30 à 50 personnes a vécu de manière autogérée et écologique dans un village temporaire constitué d'habitats mobiles. Ce groupe avait fédéré autour de lui des associations et mouvements sensibles aux médecines alternatives, habitat écologique, économies d'énergie, lutte contre le nucléaire, éducation à la paix....et a accueilli ateliers , conférences, films, ...
Vous pouvez avoir plus de détails sur le blog du "Village des Possibles": 
http://villagedespossiblesdrome.blogspot.com/

J'en profite aussi pour vous faire part d'une initiative portée par le groupe Sortir Du Nucléaire - Drôme Ardèche.
Il s'agit d'  une chaîne humaine pour dire "OUI" pour la décision de sortir du nucléaire et pour préparer une grande chaîne le 11 mars 2012 afin de peser sur les décisions que devra prendre le nouveau chef d'état. 
Afin de préparer l'événement et rallier le plus grand nombre, plusieurs petites chaînes sont programmées le 4 ème dimanche de chaque mois. 
www.chainehumaine.org/ 

Juillet 2011: "La couche nuptiale"






"La couche nuptiale",Tilleul en Baronnies, Buis les Baronnies, Drôme, 2001.
Branchages de tilleul nus tissés et branchages et feuillages de tilleul tissés.
2,90 m x 2,20 m x 0,70 m.




























Pour préparer cette installation, je me suis intéressée aux traditions liées au tilleul : il a été associé selon les époques et les pays à la justice, à la liberté, on y célébrait les mariages, on dansait sous son feuillage.

J'ai cherché les usages que l'on faisait des différentes parties de l'arbre - bois, aubier, feuilles, fleurs- et découvert qu'ils sont multiples : de la sculpture et le tournage pour son bois, la fabrication de cordage et l'usage médicinal pour son aubier, l'alimentation des troupeaux pour son feuillage à l'usage médicinal et la production de miel par les abeilles, pour ses fleurs.

J'ai voulu aussi avoir une approche plus sensitive de cet arbre et je suis allée couper quelques branchages pour tester leur souplesse, voir la façon dont ils se comportent dans le temps. Ils sèchent dans mon atelier depuis quelques jours et je suis baignée dans une odeur douce et bienfaisante.
Je me suis installée sous un tilleul pou ressentir l'ambiance et faire des essais d'assemblage et de tissage.

A l'issue de ce travail d'approche, le tilleul dégage pour moi, une impression de douceur, de calme, de bien-être, de réconfort, de bienveillance. C'est un arbre aux vertus apaisantes qui favorise le repos et le sommeil. L'image des amoureux venant danser sous les tilleuls pour porter bonheur à leur union sous un tilleul est aussi une image forte pour moi.

J'ai donc proposé de réaliser une couche nuptiale faite d'un sommier de branchages de tilleul et d'une couverture, faite d'un tissage de branchages, de feuillages et de fleurs de tilleul.

J'ai donc fait des essais de matière tissée à base de branchages accompagnés de leurs feuillages, tissés sur une structure de branchages de tilleul nus. Cela produit une belle matière qui se transforme et reste intéressante en vieillissant. Les branchages de tilleul sont suffisamment souples et peu cassants pour réaliser les structures.

Pour fixer les installations, j'aurais aimé fabriquer de la corde avec de l'aubier de tilleul. J'ai commencé à rechercher un tilleul mort sur lequel j'aurais pu prélever l'aubier et faire des essais mais je n'ai pas encore réussi à en trouver. Il me semble donc prématuré d' envisager ce procédé pour ce projet mais j'espère pouvoir le réaliser plus tard.

L'installation est visible  dans le jardin de la mairie de Buis les Baronnies (Drôme provençale)

Février 2011:" Dôme"







"Dôme" - Non Violence II to Mother earth, Panvel, Mumbaï, Inde.
Bouteilles de verre, terre et ciment. 3 mx 3 m x 1,80 m.

































2010


Installations dans la nature et sculptures 2010




"Oiseaux migrateurs" - Cheng Long Wetlands Art Project, Taïwan. 
Bambous, roseaux tressés et ficelle - Hauteur 3,50 m.












       










"Castor" - Chemin faisant, Villeneuve-lez-Avignon, Gard.
Cannes de Provence et bambous. 6 m x 3,20 m X 2,40 m.
                                            












"La jeune fille endimanchée" - Léz'arts en adret-  Hautecour, Savoie, 2010.
Branchages divers - Hauteur : 3,20 m.







2009


Installations dans la nature et sculptures 2009



"La vache sauvage" - Charolles, Saône et Loire. 
Branchages et feuillages de saule sur ossature résine. Grandeur nature.










"Rapaces"- Chemin d'art, Saint Flour, Cantal, 2009.
Branchages d'épine noire. Hauteur : 3,50 m.












"Terre blottie" - Exposition collective à Rencarts, Aouste sur Sye, Drôme, 2009.
Terre, écorce de chataîgnier. Diamètre : 0,30 m.