mercredi 16 janvier 2019

Année 2018


 Du 12 avril au 14 mai 2018

retour à Taiwan pour le 9ème anniversaire de Cheng Long Wetlands Environmental Art Project avec " Wings over the wetlands"

A l'occasion de cet anniversaire, les organisatrices de la manifestation voulaient mesurer les changements qui s'étaient opérés dans le paysage comme dans la communauté villageoise depuis la mise en place de ce projet, via le regard d'artistes qui étaient déjà venus créer à Cheng Long.
Depuis 8 ans, chaque année, 4 à 5 artistes avaient été accueillis chez l'habitant, accompagnés d'autant de volontaires et avaient créé leur oeuvre avec l'aide des enfants de l'école et de la communauté villageoise.
J'étais venue la première année et dans ce village reculé nous étions les premiers étrangers à résider. Les habitants gardaient leurs réserves, ils s'impliquaient peu dans le projet  alors que cette année ils venaient sans arrêt nous aider, nous approvisionner en boissons et en nourriture, ouvraient leurs maisons et venaient partager nos soirées.
Le projet avait créé une dynamique locale importante grâce aux échanges entre artistes, habitants et écoliers, grâce au public de plus en plus nombreux, à la renommée nationale qu'avait acquis de ce fait le village, et grâce à la présence permanente de l'association qui initiait des projets écologiques et de développement local tout au long de l'année.
J'ai voulu imager ces liens qui se sont créés, en collectant des vêtements usagés auprès de la population et en associant les habitants à la réalisation de tissages. Les enfants sont venus tisser sur les ailes et je suis allée chez plusieurs personnes âgées faire des ateliers collectifs.
Tisser c'est  associer, mixer, relier,  comme les cultures qui se sont rencontrées à l'occasion de ce projet, c'est aussi pour moi symboliser la nécessité de s'unir par delà les frontières, par delà les océans pour réfléchir et agir ensemble face aux enjeux environnementaux et humains et prendre un nouvel envol.

A la fin de notre résidence, nous avons été conviés à témoigner lors d'un symposium intitulé "What a difference 9 years makes" qui s'est déroulé sur place et a réuni une centaine de personnes. Étaient invités des organisateurs de projets d'art environnemental taïwanais, chinois et japonais, des artistes et des volontaires ayant participé à l'un ou l'autre de ces projets qui tentent de créer des dynamiques locales à partir de projets artistiques. Des membres de certaines communautés locales avaient fait le déplacement. Le but était, à partir des témoignages des uns et des autres et en comparant les modes d'intervention,  d'évaluer comment ce type de projet peut être un outil de revalorisation de ces petites régions rurales délaissées.
C'était passionant. 
  
Voici le lien du blog de Cheng Long Environmental Art Project :
https://artproject4wetland.wordpress.com/


Dimensions : 14 m x 2 m x 3,50 m 
Matériaux : bambous, tissus recyclés, corde



















































Juin 2018

Nous avons acheté une maison en haute Ardèche et nous réalisons par nous-même la majorité des travaux. 

C'est pour cette raison qu'après Taïwan je n'ai pas entrepris d'autres projets de résidence ou pédagogiques. Je vais continuer à  limiter  mes activités artistiques au moins sur le premier semestre 2019 en ne recherchant pas de nouvelles résidences mais je reste disponible pour les offres qui me sont faites.
Je devrai à priori participer à une exposition collective ainsi qu'à une résidence dans le courant de cette année.
Je peux continuer à intervenir dans la Drôme pour des projets pédagogiques dans la mesure où l'on regroupe mes interventions sur une journée minimum et au mieux sur plusieurs journées consécutives.
A la fin des travaux j'aurai enfin un grand atelier à l'abri pour travailler.




jeudi 25 janvier 2018



Année 2017
Poursuite du projet "Terre"



Mars 2017  

Séjour à la ZAD de Notre Dame des Landes



Nous sommes allés, Bernard et moi, rencontrer différentes personnes qui se battent contre l'aéroport de Notre Dame des Landes et pour la sauvegarde des terres de la ZAD : des paysans historiques, des militants venus les rejoindre pour soutenir leur lutte et dont certains sont aujourd'hui installés comme paysans. Nous avons été hébergés par des occupants de la ZAD qui nous ont réservé un accueil chaleureux et se sont rendus disponibles pour nous orienter. 
Je suis admirative de ce qui se passe là-bas en terme d'expérimentation : autres modes de rapport à la terre et à la propriété, autres rapports humains : échanges non marchands, refus de toute hiérarchie, prise de décision collective,... 
Tout cela ne va pas sans heurts et entraîne des discussions interminables mais ça vit et ça innove!
J'en suis revenue boostée et pleine d'espoir en l'homme.
J'ai rapporté de là-bas 12 entretiens et autant d'empreintes de pied et sacs de terre récoltée dans les champs.
Je travaille actuellement sur ces entretiens et sur la forme que je vais donner à toute cette richesse cotoyée.


Aujourd'hui, une première victoire a été obtenue, l'aéroport de Notre Dame des Landes ne se fera pas. Il nous faut maintenant  obtenir que la ZAD de Notre Dame des Landes reste un lieu où l'on peut imaginer et expérimenter un autre "possible" pour les hommes.











Carte des lieux affichée dans le lieu d'accueil que vous rencontrez à votre arrivée à Notre Dame des Landes




Bâtons déposés lors de la grande manifestation de l'automne 2016  où plus de 40000 personnes sont venues manifester leur soutien au mouvement d'occupation





Lieu où les ZADistes se réunissent et où ils ont fêté cette première victoire




Vue de cette fameuse D281 dégagée aujourd'hui




Avril 2017
Exposition à l'atelier Chroma


du travail réalisé pour "Murets d'art" (voir articles précédents)  accompagné d'un montage sonore composé de paroles extraites des rencontres d'agriculteurs et de jardiniers.

www.atelierchroma.fr/






























Juin 2017

L'art et la matière


Au mois d'avril, j'ai sillonné la région de Chateauneuf de Galaure, pour poursuivre ce travail dans le cadre de « l'Art et la Matière ». 
Cette association organise, en juin, un circuit d'expositions de chapelle en chapelle dans la Drôme des collines. Elle propose aux artistes de créer une installation en lien avec la chapelle qu'ils ont choisie.
J'ai eu la chance de pouvoir investir le Prieuré de Charrière qui est un lieu magnifique.
J'ai rencontré quatorze personnes, ruraux ou urbains venus ou revenus s'installer là à la retraite, agriculteurs, jardiniers, artisans ou issus d'autres professions.
Ce qui les réunit, c'est d'être attachés à ce lieu et s'être engagés à le faire vivre. 
Je les ai écoutés parler de leur relation à Charrière et à la terre. 
J'ai pris des moulages de leur pied et j'ai réalisé des dessins à partir de l'univers sonore de leur environnement proche.  Je me suis installée dans leur jardin et je me suis mise à l'écoute des bruits qui m'entouraient. Ecouter la nature et traduire cette expérience intérieurs en dessin est un travail que je fais régulièrement dans la forêt : gardant les yeux clos, je laisse ma main courir sur la feuille de papier, décryptant les sons dans un chemin de crayon, chaque fois différent, selon la prégnance du chant des oiseaux, du vol des insectes ou du bruissement des feuilles dans le vent,...

Ce travail donna lieu à une installation dans le prieuré.
Olivier Brémont, vidéaste et scénographe m'a accompagnée dans ces rencontres. Il a réalisé une vidéo qui participait à l'installation.

 Vous pouvez en découvrir plus sur "L'art et la matière en Drôme des collines", l'association, l'édition 2017 et les éditions précédentes sur  http://lartetlamatiere.pagesperso-orange.fr/




























Un gros projet qui s'est étalé sur l'année  2017


Le dispositif Culture et Santé du Centre Psychothérapique de l'Ain, Culture NoMad , organise chaque année un programme cuturel ouvert à tous, artistes, patients, personnel de l'hôpital, personnes extérieures.

Dans ce cadre, j'ai été invitée à réaliser  deux œuvres participatives l'une pour le CPA (Centre Psychothérapique de l'Ain ) et l'autre pour l'ESAT (Etablissement et Service d'Aide par le Travail) -  Ferme Dienet à Saint Paul de Varax.



Oeuvre participative au CPA


Durant le premier semestre, nous avons animé, Bernard et moi, des ateliers au CPA auxquels ont participé un grand nombre de personnes: patients, personnel soignant, travailleurs de l'ESAT et personnes extérieures. Nous travaillions ensemble à la réalisation du projet. Ce furent des moments riches et détendus. Nous avons ensuite terminé seuls la mise en forme de l'oeuvre pour qu'elle puisse être inaugurée fin septembre. Je remercie Franceline Borel, coordinatrice du dispositif Culture NoMad,  qui nous a accompagnés dans tout ce processus de manière efficace, légère et joyeuse 
























"Au delà du soleil, au delà des éthers" 
vers extrait du poème "Elévation" de Ch. Beaudelaire. Les Fleurs du Mal (1857) .
Le séjour au CPA est décrit comme un passage de la vie, un passage d'un état à un autre.Cela m'a amenée à proposer un cheminement partant du sol et prolongé dans l'espace symbolisant le passage, l'élévation, la libération, l'espoir.
Pendus dans les arbres, trois "oeufs" évoquent l'âme des patients.

Matériaux : fer, clématite, ainsi que galets et torchis qui font écho aux constructions anciennes de la région.




Oeuvre participative à l'ESAT - Ferme Dienet

C'était la première fois que l'ESAT accueillait la création d'une oeuvre artistique. Tout le personnel encadrant s'est impliqué complétement,  du choix du projet à la réalisation de l'oeuvre et à son entretien.
Sur la même période qu'au CPA, nous devions mener des ateliers à l'ESAT. Finalement, des travailleurs ont été détachés pour nous aider à chaque fois que nous venions et notamment Pierre qui a réalisé toutes les structures métallique pour l'ESAT et le CPA . Merci à eux.
Aujourd'hui, travailleurs et encadrants se sont appropriés cette oeuvre et la feront vivre.
Il leur incombera maintenant la taille et l'entretien des plantes grimpantes.





















« S'élancer vers les champs lumineux et sereins»
vers extrait du poème « Élévation » de Ch. Baudelaire, Les fleurs du mal (1857) 
Travailler à la Ferme Dienet est vécu par ces personnes qui ont un parcours sanitaire difficile comme une nouvelle tranche de vie où l'on se réalise, où l'on se construit.
Pour imager cette perception, j'ai proposé une structure en forme de bourgeon qui s'ouvre, symbolisant la renaissance, la vie en devenir.
Plantes grimpantes et tissages d'osier en forment les sépales.
Elle accueille en son cœur un « œuf », en écho à ceux réalisés au CPA.
L’œuvre est vivante et nécessitera les soins réguliers des travailleurs de la ferme.

Matériaux utilisés : fer, plantes grimpantes, galets extraits des champs de la ferme et osiers produits sur place.




Et des projets pédagogiques


Ecole primaire de Saoû


En lien avec le "Muret d'art" de Saoû nous avons proposé aux enfants des deux classes de l'école de réaliser eux aussi une oeuvre sur le sentier dans le cadre d'une semaine Land art. J'ai emmené les enfants dans la nature, observer, écouter, senti, toucher, puis dessiner, peindre, faire de petites créations individuelles à partir de matériaux naturels et enfin nous avons entrepris ensemble une grande oeuvre éphémère qui chemine de part et d'autre du sentier "Muret d'art" sur une cinquantaine de mètres.

Matériaux : pommes de pin, pigments naturels, caséine. 



















Ecole primaire Saint Louis à Crest


Je suis intervenue auprès de 6 classes de l'établissement de la petite section au CE2 et nous avons réalisé deux fresques et recouvert des piliers sur le thème des animaux et de la végétation.. Les enfants ont pu manier, pelles, brouettes, bétonnière, gamates, truelles et taloches, monter sur des tables et des échelles et empoigner à pleines mains la terre pour l'étendre sur les murs. Ils se sont ensuite appliqué à dessiner en grand pour graver leur dessin sur les fresques et le peindre.

Matériaux : enduit terre paille, pigments naturels et caséine, produit de protection.






























Ecole maternelle d'Eurre 


Petite et moyenne section 

Inspirés par l'oeuvre "Paysage au grand galop " de Gerda Steiner et Jorg Lenzlinger, créée pour le  musée de Valence en 2013, les enfants ont réalisés un paysage imaginaire utilisant les petits objets qu'ils avaient apportés de chez eux ou récoltés dans la nature.

Matériaux : éléments récoltés dans la nature, objets de récupération , fil électrique.




















Moyenne et grande section

L'enseignant travaillant sur le corps humain et la perception qu'en ont les enfants m'a demandé de les accompagner dans la réalisation de petites sculptures de corps en mouvement. Après avoir visionné des travaux d'artistes, nous avons fait des séances photos de corps en pauses. Puis chaque enfant à partir de ces photos a fait une sculpture en papier mâché sur structure en fil de fer. 

Matériaux : fil de fer, papier, rondelle de bois














Nous avons ensuite travaillé à partir des œuvres de Keith Haring.
Les enfants se sont allongés au sol dans une pause en mouvement pendant que d'autres reportaient sur une feuille le contour de leurs silhouettes. Ces contours furent mis en couleurs , découpés et collés pour en faire une fresque sous le préau.

Matériaux : papier, gouache.








Ecole primaire de La Baume Cornillane


Pour le quatrième salon du livre de la Baume Cornillane sur le thème de la nature, j'ai réalisé avec la classe unique de l'école de la Baume,  un grand livre végétal.
Malheureusement,, il y avait un vent fou pour le salon et nous n'avons pas pu présenter ce travail comme nous l'avions imaginé au départ. Il devait tenir ouvert, au milieu de l'espace extérieur du salon mais par sécurité, il a fallu le fixer à un mur. Cela ne permettait pas d'apprécier pleinement le travail réalisé.

Matériaux : bambous et feuillages récoltés sur la commune















Ecole primaire de Divajeu


Je travaille régulièrement avec cette école et cette année j'ai été sollicitée pour faire un totem car l'école travaillait sur le thème de l'Afrique.
Après avoir fabriqué ce totem tous ensemble, chaque enfant s'est constitué un petit sac "porte bonheur", à la manière des grigris, teignant un carré de tissu dans lequel il a mis précieusement petits éléments naturels qu'il avait récolté dans la nature et autres trésors rapportés de chez lui. Les petits grigris ont été suspendus provisoirement sur le totem et les enfants ont dansé auprès du totem pour la fête de l'école.